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« Dans un choix assumé avant la crise sanitaire, la
direction a écarté les élus du CSE comme les représentants de proximité des
périmètres parisiens concernés par le projet POP Latitude et l’introduction
du flex office.
Pire, la direction a désigné ses propres représentants des
salariés, créant ainsi une double représentation (comité de pilotage,
Ambassadeurs salariés et managers, …).
Le
déménagement des 4 425 salariés des sites parisiens dont Manhattan, Meudon,
Puteaux, Triangle va également s’accompagner d’une modification majeure de
l’organisation et des conditions de travail des salariés avec l’introduction
du flex office (ou environnement dynamique du travail – EDT, terminologie
marquetée choisie par la direction pour ne pas effrayer ou inquiéter les
salariés).
Les élus
CFDT constatent :
MOBILIER ET AMÉNAGEMENTS
·
Un
nombre de postes de travail insuffisant, qui ne répond au besoin actuel
qu’en imposant le télétravail et les jours télétravaillés aux salariés (en
contradiction avec l’esprit de l’Accord Télétravail). Après deux ans de
pandémie et un télétravail intensif, pas sûr que tous les salariés
apprécient…
Aucune
prise en compte, ni des besoins futurs, ni des demandes client d’hébergement
ou de réintégration de projets
dans les locaux Sopra Steria.
Cela pose la question du changement de
stratégie de Sopra Steria quant à son objectif de croissance interne.
·
Une sélection du mobilier sans
concertation ni du CSE ni des RP alors qu’il a été commandé en mars
2021.
L’ergonome
de la médecine du travail n’a pas validé l’aménagement proposé.
Réduction drastique de 25% de la taille des bureaux (passage de
160x80 à 140x70) contrairement aux autres nouveaux sites.
Réduction
drastique de l’espace par poste de travail des salariés (4m² pour la plupart
des salariés).
·
Problème d’espacement entre les bureaux ne
répondant pas à la norme AFNOR NF X 35-102 et induisant de l’inconfort pour
les salariés et les mettant en risque en cas d’évacuation. Il est
inconcevable qu’un aménagement effectué en 2022 ne permette pas à un salarié
à mobilité réduite d’accéder à la totalité des espaces.
·
La densité des bureaux, les grands
open-space, les espaces ouverts de détente et jeux (babyfoot, ping-pong, …) ainsi
que les espaces de convivialité vont occasionner des nuisances sonores empêchant
la concentration et le travail des autres salariés, pouvant générer ainsi des
tensions entre eux.
·
Le nombre de toilettes ne prend en compte
que le nombre de postes de travail mais oublie les salles de réunion et
formation et les éventuels visiteurs. Il est inconcevable qu’il n’y ait pas de
toilettes à l’étage de l’infirmerie côté ERP.
La
proposition de la CFDT de proposer aux salariés en télétravail le mobilier
non réutilisé a été refusée par la direction.
IMPACT SUR LES TRANSPORTS
·
Malgré une méthodologie peu représentative
employée par l’expert (questionnaire sur un panel de salariés restreints avec
peu de retour et non à partir du fichier anonymisé des adresses des
salariés), l’augmentation du temps de transport pour la majorité des salariés
est significative.
·
Les parkings disponibles ne sont pas en
nombre suffisant pour répondre aux besoins des salariés.
DEGRADATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL DES
SALARIES
L’organisation
du travail en Flex Office va engendrer des difficultés multiples, des tensions
et du stress pour les salariés.
·
Perte de temps à identifier les postes
disponibles et trouver ses collègues.
·
Perte de temps dans l’installation et le
rangement du poste.
·
Stress de ne pas trouver de place :
parking, bureau.
·
Que dois-je faire si pas de place :
retour domicile ? Déplacement vers un autre site Sopra ? Quid du
temps perdu en transport ou en voiture ?
Quid du temps perdu sur projet ?
·
Perte de repère, de stabilité dans le temps
et d’espace liée à un environnement non maîtrisé (obligation d'anticiper
sa venue au travail, risque de compétition pour les places, risque de
conflit).
·
Difficulté pour les salariés ayant des
besoins spécifiques en terme de poste de travail (bureau avec hauteur
spécifique, double écran, clavier, repose pieds, …).
·
Difficultés d’intégration des nouveaux
entrants.
·
Dépersonnalisation totale de l'espace de
travail et perte de lien social. Il n’est pas prévu de casier pour chaque
salarié.
·
Des espaces de travail dégradés avec les
work-café et les bureaux de passage qui ne permettront pas de travailler de
façon efficace et prolongée.
Cette organisation va entrainer une perte du sentiment
d’appartenance à l’entreprise, une perte de motivation et d'implication.
Informations non présentes dans le dossier
de consultation :
Le dossier de déménagement (calendrier, organisation, gestion
des cartons, règles des déménagements, mouvements détaillés de chacun des
salariés concernés avec zones départ/arrivée) manque
Aucune
information donnée au CSE ou à l’expert ne permet de s’assurer que le nombre
de postes est suffisant comme l’annonce la direction (découpage en quartier
d’équipe réservé, nombre de jours de télétravail, nombre de salariés en
clientèle, croissance des effectifs, …).
Aucune
information sur les capteurs de présence sous chaque bureau, information
découverte en cours d’expertise. Aucune information sur les données
enregistrées par ces capteurs, leur fréquence, leur durée de rétention.
Aucune
information sur le futur outil de réservation qui parait indispensable au bon
fonctionnement du flex office. Ce sujet pourtant évoqué en CSEC n’a jamais
été abordé en CSE.
La
fourniture de ces informations est indispensable pour rendre un avis éclairé.
La mise en place de ces deux outils entraine des risques de surveillance
accrue des salariés et donc de toutes les dérives qui pourraient en découler
(flicage à la culotte, …, avertissement, licenciement).
Information insuffisante sur les capitaines d’étage :
nouveau métier à fort risque de sur-sollicitations.
Manque d’information sur le système d’accès et de
badgeage : quel enregistrement et quelle conservation des données ?
Cette information n’a jamais été présentée aux instances.
PROBLEME DE SECURITE
·
Pas de désignation et de formation préalable
des salariés Sauveteurs Secouristes du Travail, guides et serre-file afin
qu’ils soient opérationnels dès l’ouverture du bâtiment. Aucune organisation
prévue pour les avoir en nombre suffisant sur sites dans le cadre du
télétravail et du flex office.
·
Aucune mise à jour du Document Unique
d’Évaluation des Risques (R4121-2).
·
Aucune information sur la gestion du site en
période de pandémie : nettoyage, désinfection, circulation,
signalétique, jauge de remplissage.
HANDICAP
Alors qu’il existe un accord groupe sur le Handicap, une Mission
Handicap et une commission paritaire de pilotage de l’accord, l’absence
d’éléments sur l’accueil des salariés en situation de handicap interroge.
Aucune étude ou réflexion en amont n’a été échangée avec les
partenaires sociaux sur les impacts du flex office sur cette population…
EN
CONCLUSION
Les élus
CFDT estiment que le dossier de consultation est parcellaire et donc
insuffisant pour permettre aux élus de rendre un avis, encore moins un avis
non clair, en tout cas pas clairement négatif tel qu’il a été rendu. »
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