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vendredi 1 mai 2026

1er Mai : n’invisibilisons pas la fête des travailleurs et travailleuses !

Déclaration CFDT faite à la réunion du CSE de Sopra Steria Group de fin avril 2026 : 

1er Mai : n’invisibilisons pas la fête des travailleurs et travailleuses !

 

Les annonces du Premier ministre ouvrant la possibilité pour les artisans boulangers d’exercer ce 1er mai interrogent profondément sur le projet de société que nous voulons construire.

Si certains voient dans ce report la preuve que leurs alertes ont été entendues, la vigilance reste de mise. Le débat n’est pas clos : il est simplement différé.

Ces attaques répétées contre le 1er mai sont une très mauvaise nouvelle pour le monde du travail. C'est irrespectueux, notamment pour tous les travailleurs et les travailleuses, qui ont été au rendez-vous au moment du Covid.

C'est un symbole que l'on touche. Et la CFDT pense qu'aujourd'hui, en France, il y a bien d'autres sujets beaucoup plus importants, dont la représentation nationale devrait se saisir.

Car au-delà de la technique juridique, c’est bien la portée symbolique du 1er mai qui est en jeu. Seul jour férié obligatoirement chômé et payé, il reste fortement associé aux droits des travailleurs. Toute évolution suscite donc des inquiétudes, notamment sur un possible élargissement des dérogations.

 

La France ne peut-elle pas avoir UN jour sur 365 férié et chômé ? UN seul jour par an qui ne soit pas soumis à la production et au travail ? La vie humaine se résume-t-elle à cela ? Ce n’est pourtant pas trop un jour par an

Pour la CFDT, le 1er mai n’est pas un jour comme les autres. Héritage des luttes sociales, il demeure la seule journée obligatoirement chômée et payée pour l’ensemble des salarié.es. Il symbolise la reconnaissance, par la société tout entière, du monde du travail et de celles et ceux qui, chaque jour, font vivre nos entreprises, nos services et notre économie quelles que soient les circonstances.

Transformer progressivement cette journée en temps d’activité commerciale serait une faute. Ce serait casser un repère collectif essentiel et affaiblir la portée symbolique d’une date qui appartient à tous les travailleurs et toutes les travailleuses. Nous avons tant besoin en France de moments de cohésions, encore plus dans les temps actuels.

S’inscrire dans une logique de concurrence permanente, y compris le 1er mai, n’est pas sans conséquences.

Depuis des années, certains expliquent que le coût du travail serait trop élevé lorsqu’il s’agit d’augmenter les salaires. Dans le même temps, il faudrait aujourd’hui multiplier les dérogations et prévoir des compensations financières pour inciter des salariés volontaires à travailler ce jour-là. Cela démontre qu’il existe des marges financières lorsque la volonté est là.

Pour la CFDT, la vraie richesse des entreprises, ce sont leurs salariés et salariées. Sans leur engagement, leur professionnalisme et leur compétence, aucune réussite économique n’est possible

La reconnaissance ne passe pas par la remise en cause des acquis sociaux. Elle passe toute l’année par de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail, du respect et un juste partage de la valeur créée.

Non, le 1er mai n’est pas un jour comme les autres.

Le 1er mai doit rester la fête des travailleurs et travailleuses.

Le 1er mai doit rester la fête de tous les travailleurs et toutes les travailleuses.

 

Comme chaque année, la CFDT se mobilisera partout en France, afin de marquer dans chaque territoire la fête des travailleurs et des travailleuses. 

Elle appelle tous et toutes les salarié.es à se mobiliser en nombre dans les défilés du 1er mai, pour défendre ce jour et leurs droits, attaqués de toutes parts !



 

jeudi 30 avril 2026

1er MAI : UNE JOURNEE DE LUTTE, D’HISTOIRE ET DE SOLIDARITES DES TRAVAILLEURS

Chaque année, le 1er mai n’est pas une simple date dans le calendrier. C’est une journée profondément ancrée dans l’histoire du mouvement ouvrier, une journée de mobilisation, de mémoire et de revendication. Elle incarne plus d’un siècle de combats pour la dignité, les droits et la justice sociale.

Des origines marquées par la lutte et le sang

Le 1er mai trouve son origine dans les grandes luttes sociales de la fin du XIXe siècle. En 1886, aux États-Unis, des centaines de milliers de travailleurs se mobilisent pour obtenir la journée de travail de huit heures, sous le mot d’ordre :

« 8 heures de travail, 8 heures de repos, 8 heures de loisirs »

À Chicago, la mobilisation dégénère : grèves, affrontements, explosion d’une bombe, répression policière. Plusieurs militants syndicaux sont arrêtés, certains condamnés à mort. Ces événements tragiques marquent durablement l’histoire du mouvement ouvrier.

En hommage à ces luttes, la IIe Internationale socialiste décide en 1889, à Paris, de faire du 1er mai une journée internationale de mobilisation. La première célébration a lieu en 1890 dans de nombreux pays.

En France : une conquête sociale issue de la mobilisation

  • En France, le 1er mai devient rapidement un symbole fort.
  • En 1891, la manifestation tourne au drame avec la Fusillade de Fourmies : l’armée tire sur les manifestants, faisant plusieurs morts, dont des enfants.
  • En 1919, la journée de 8 heures est enfin obtenue et le 1er mai devient une journée chômée.
  • En 1948, il est définitivement instauré comme jour férié, chômé et payé.

Aujourd’hui encore, le 1er mai est en France le seul jour férié obligatoirement chômé, symbole concret d’une victoire sociale arrachée par les luttes collectives.


Une journée internationale de mobilisation

Le 1er mai dépasse largement les frontières françaises. Il s’impose comme une journée mondiale des travailleurs.

Dans l’Union européenne :

  • Il est férié dans 24 pays sur 27
  • Il est obligatoirement chômé en France, Espagne et Pologne
  • Certains pays comme les Pays-Bas ou le Danemark ne le rendent pas férié, mais les mobilisations y restent fortes

Partout, cette journée donne lieu à :

  • Des manifestations syndicales
  • Des rassemblements populaires
  • Des revendications sociales et politiques.

Des traditions différentes, un même combat

Si les formes varient, le fond reste le même : défendre les droits des travailleurs.

  • En Italie : grand concert syndical à Rome (Piazza San Giovanni)
  • En Pologne : symbole de lutte renforcé avec le mouvement Solidarność dans les années 1980
  • Pays nordiques : mélange entre fête du travail et célébration du printemps
  • En Grèce : héritage ancien mêlant traditions populaires et revendications sociales.

> Partout en Europe, le 1er mai reste une journée politique et sociale majeure, reflet des combats passés et présents.

Une journée toujours actuelle

Le 1er mai n’est pas qu’un souvenir historique. C’est une journée vivante.

Chaque année, des milliers de salariés descendent dans la rue pour :

  • Défendre le pouvoir d’achat
  • Lutter contre les réformes injustes
  • Protéger les acquis sociaux
  • Revendiquer de nouveaux droits

C’est aussi une journée de solidarité internationale, où les travailleurs expriment leur soutien aux luttes sociales dans le monde.

Des symboles forts du mouvement ouvrier

Au fil du temps, plusieurs symboles ont marqué le 1er mai :

  • Le triangle rouge (origine) : équilibre entre travail, repos et loisirs
  • L’églantine : hommage aux victimes de Fourmies
  • Le muguet (aujourd’hui) : symbole d’espoir, de solidarité et de renouveau.

Conclusion : ne pas oublier, continuer à lutter

Le 1er mai est bien plus qu’un jour férié.

C’est :

  • Un héritage des luttes ouvrières
  • Un rappel des sacrifices passés
  • Un levier pour les combats actuels

Les droits sociaux ne sont jamais acquis définitivement. Ils sont le fruit de mobilisations collectives. Et ils doivent être défendus chaque année.

Le 1er mai reste une journée de lutte. À nous de la faire vivre.


Résultats du groupe Sopra Steria 1er trimestre 2026 : Tout est au vert, sauf pour les salariés !

Ce mercredi 29 avril 2026 à 8h30 avait lieu la présentation publique des résultats du Groupe Sopra Steria pour le 1er trimestre 2026.

Les résultats démontrent une entreprise en bonne santé financière, avec une croissance solide et une stratégie claire de développement. Cependant, la politique sociale et financière fragilise la reconnaissance des salariés et salariées, avec l’utilisation du bénéfice pour les actionnaires, et un gel des augmentations salariales et la montée de l’offshore. 98% du bénéfice est parti pour les actionnaires l’an dernier et la direction annonce encore des dividendes meilleurs et un nouveau rachat d’actions pour 40 M€ !

Les résultats T1 2026 : la France meilleure performance du Groupe !


Le Chiffre d’Affaires du 1er trimestre 2026 a progressé de 3,4%, à 1 463,2 M€. Si on ne comptait pas l’arrêt du projet SFT en Allemagne, la croissance organique serait de 4,4%. Depuis des mois, les élus CFDT ne cessent d’interroger la direction sur le coût de cet arrêt et le devenir de plus de 200 salariés allemands qui subiront de plein fouet cet arrêt.

La croissance est revenue sur tous les pôles (France, UK, Europe hors SFT, Solutions). Sur le Groupe, « l’accélération, comparée au 4ème trimestre 2025, déjà en rebond (+1,8%), a été notable dans les secteurs de l’Aéronautique (+15%) et de la Défense-Sécurité-Espace (+7%). Les activités de Conseil ont également confirmé le rebond de leur dynamique (+5%). »

En France, c’est encore mieux, la meilleure performance du Groupe avec 7% de croissance ! Et un Chiffre d’Affaires à 650 M€.

Toutes les BU sont en croissance sauf Energie et Télécom. « Les verticaux les plus dynamiques ont été Transports, Aéronautique, Secteur Public, avec des taux de croissance supérieurs à 10%. Les Services Financiers et la Défense-Sécurité-Espace ont également connu une croissance soutenue comprise entre 5 et 10%. »

On peut quand même se demander si ce superbe 1er trimestre ne se fait pas sur le quasi gel de la masse salariale.

Les Solutions sont stables (CA à 85,3M€ +0,9%). Stable côté RH (SHRS) qui représentent 2/3 de l’activité, et mieux pour l’immobilier (SRES).

Le Royaume-Uni repart en croissance (4,2%). L’Europe reste en décroissance (-1,6%) avec l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas en décroissance. Les autres pays sont dynamiques.

 

Rappel des objectifs financiers 2026, confirmés ce jour : CA = entre +1% à +2% / Taux de marge opérationnelle d’activité d’au moins 9,5% / Flux net de trésorerie disponible d’environ 5% du Chiffre d’Affaires.

Acquisitions et Effectifs

Côté acquisitions, on continue, avec une politique active de croissance externe, avec l’acquisition à venir de Starion et Nexova, par CS Group, deux sociétés spécialisées dans la cybersécurité et l’ingénierie spatiale (700 personnes dans 9 pays d’Europe).

Sur les effectifs, malgré l’intégration d’Aurexia et Neocase, ils n’augmentent que peu au niveau mondial avec +1000 personnes (51 163 personnes). La part de l’offshore augmente encore dans les effectifs : 16,8% des effectifs mondiaux (+13% sur 1 an), même si le discours est flou, avec une préoccupation sur l’arrivée de l’IA et l’utilisation à venir de l’offshore. La direction annonce aussi jouer sur la sous-traitance, avec une augmentation de celle-ci.

Une injuste répartition des richesses malgré les résultats solides

Ces résultats financiers solides contrastent avec le retour fait aux salariés !

  • La perte de pouvoir d’achat des salariés due à l’inflation cumulée des dernières années, alors que les salaires n’augmentent pas de la même manière.
  • Le quasi-gel des salaires début 2026. La direction s’en flatte presque en annonçant qu’au vu de la faible inflation, les prix de vente ne vont pas beaucoup augmenter, et que les salaires non plus « on est très discipliné sur ce sujet » !
  • La menace d’un cycle de juillet 2026 annulé plane (toujours en attente de décision de la direction, seule dans sa tour d’ivoire).
  • La poursuite d’une stratégie d’offshore, qui fragilise l’emploi local.
  • Les actionnaires à la fête avec une augmentation toujours plus importantes des dividendes.
  • Les actionnaires à la fête encore, avec des actions dont la valeur va augmenter grâce à lannulation de 858 163 actions (https://cfdtsoprasteria.blogspot.com/2026/04/sopra-steria-brule-150-millions-deuros.html) , suite au programme de rachat d’actions de 150 millions d’€ entre 2024 et 2025. Rachats effectués avec le bénéfice produit par les salariés et salariées ! Ainsi, 98% du bénéfice est parti pour les actionnaire en 2025.
  • Les actionnaires à la fête encore et toujours, avec un nouveau plan de rachat d’actions de 40M€. Actions qui seront de nouveau annulées, pour enrichir...les actionnaires. Moins d’actions = valeur d’action plus haute + dividende plus important !



Ces décisions sont d’autant plus critiquables que l’entreprise affiche une santé financière solide, avec une croissance organique positive et une marge opérationnelle stable.

La CFDT dénonce ces décisions, qui créent méfiance et de démotivation ! Les salariées et salariés voient ainsi leurs efforts récompensés par ... une réduction de leur pouvoir d’achat et une absence quasi totale de reconnaissance !



Le communiqué de presse des résultats T1 2026 : ici.