Déclaration CFDT faite à la réunion du CSE de Sopra Steria Group de fin avril 2026 :
1er Mai :
n’invisibilisons pas la fête des travailleurs et travailleuses !
Les annonces du Premier ministre ouvrant la possibilité
pour les artisans boulangers d’exercer ce 1er mai interrogent profondément sur
le projet de société que nous voulons construire.
Si certains voient dans ce report la preuve que leurs
alertes ont été entendues, la vigilance reste de mise. Le débat n’est pas clos
: il est simplement différé.
Ces attaques répétées contre le 1er mai sont une
très mauvaise nouvelle pour le monde du travail. C'est irrespectueux, notamment
pour tous les travailleurs et les travailleuses, qui ont été au rendez-vous au
moment du Covid.
C'est un symbole que l'on touche. Et la CFDT pense
qu'aujourd'hui, en France, il y a bien d'autres sujets beaucoup plus
importants, dont la représentation nationale devrait se saisir.
Car au-delà de la technique juridique, c’est bien la portée
symbolique du 1er mai qui est en jeu. Seul jour férié obligatoirement chômé et
payé, il reste fortement associé aux droits des travailleurs. Toute évolution
suscite donc des inquiétudes, notamment sur un possible élargissement des
dérogations.
La France ne peut-elle pas avoir UN jour sur 365 férié et
chômé ? UN seul jour par an qui ne soit pas soumis à la production et au
travail ? La vie humaine se résume-t-elle à cela ? Ce n’est pourtant
pas trop un jour par an
Pour la CFDT, le 1er mai n’est pas un jour comme les
autres. Héritage des luttes sociales, il demeure la seule journée
obligatoirement chômée et payée pour l’ensemble des salarié.es. Il symbolise la
reconnaissance, par la société tout entière, du monde du travail et de celles
et ceux qui, chaque jour, font vivre nos entreprises, nos services et notre
économie quelles que soient les circonstances.
Transformer progressivement cette journée en temps
d’activité commerciale serait une faute. Ce serait casser un repère collectif
essentiel et affaiblir la portée symbolique d’une date qui appartient à tous
les travailleurs et toutes les travailleuses. Nous avons tant besoin en France
de moments de cohésions, encore plus dans les temps actuels.
S’inscrire dans une logique de concurrence permanente, y
compris le 1er mai, n’est pas sans conséquences.
Depuis des années, certains expliquent que le coût du
travail serait trop élevé lorsqu’il s’agit d’augmenter les salaires. Dans le
même temps, il faudrait aujourd’hui multiplier les dérogations et prévoir des
compensations financières pour inciter des salariés volontaires à travailler ce
jour-là. Cela démontre qu’il existe des marges financières lorsque la volonté
est là.
Pour la CFDT, la vraie richesse des entreprises, ce sont
leurs salariés et salariées. Sans leur engagement, leur professionnalisme et
leur compétence, aucune réussite économique n’est possible
La reconnaissance ne passe pas par la remise en cause des
acquis sociaux. Elle passe toute l’année par de meilleurs salaires, de
meilleures conditions de travail, du respect et un juste partage de la valeur
créée.
Non, le 1er mai n’est pas un jour comme les autres.
Le 1er mai doit rester la fête des travailleurs et
travailleuses.
Le 1er mai doit rester la fête de tous les travailleurs
et toutes les travailleuses.
Comme chaque année, la CFDT se mobilisera partout en
France, afin de marquer dans chaque territoire la fête des travailleurs et des
travailleuses.
Elle appelle tous et toutes
les salarié.es à se mobiliser en nombre dans les défilés du 1er mai,
pour défendre ce jour et leurs droits, attaqués de toutes parts !





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