Des orientations stratégiques décalées de deux ans, de 2028 à 2030...
La dernière consultation du CSE sur les orientations stratégiques de l'entreprise aurait pu être un moment d'échange constructif. Au lieu de cela, c'est un exercice de contorsion pour masquer un manque de vision et une fuite en avant vers des projections 2030 qui relèvent davantage de la prophétie hasardeuse que d'une réelle stratégie. Une stratégie floue, incohérente (voir encarté ci-dessous), déconnectée du terrain et surtout, complètement dépourvue d'ambition sociale.
Un débat de pure forme, où l'on prétend consulter sans jamais vraiment écouter. Face à un tel naufrage, le CSE a confié au cabinet SEXTANT la mission d'expertiser ces orientations. Mais peut-on vraiment faire une analyse concrète lorsque tout est bâti sur des chimères ? La direction prétend faire preuve de transparence, alors qu’en réalité, il s’agit d’un monologue.
Une vision économique en mode "saut de puce"
L'année 2025 ? Effacée. Aucune mention, si ce n'est pour annoncer qu'elle sera "mauvaise". Faire comme si elle n'existait pas.
Un saut direct à 2026 pour nous faire miroiter une croissance radieuse portée par les fameuses “Next Gen” (IA, Cloud, Cyber...). Des mots-clés à la mode balancés à la chaîne pour faire illusion et censés nous faire oublier que, concrètement, rien n'est prévu pour soutenir les salariés dans cette transformation.
L'objectif est clair : augmenter la marge de chaque projet, tout en minimisant les investissements humains. Moins de formation, des effectifs sous pression et une politique salariale en berne. Mais la direction, pleine d'audace, nous parle d'installer un « esprit de rébellion contre la décroissance ». Une jolie formule, mais qu’on pourrait traduire par « taisez-vous et faites du chiffre ». Un volet social absent : les salariés laissés pour compte.
Pendant que la stratégie s'envole vers 2030, les salariés restent cloués au sol. La direction jongle avec des PowerPoint pleins de chiffres et de projections surréalistes, tandis que les salariés doivent se contenter d’un grand vide sidéral. Pas un mot sur les conditions de travail. Aucune volonté d'investir dans le développement des compétences. Aucune ambition affichée pour améliorer les conditions salariales (reconnaissance, perspectives d'évolution, équilibre entre vie professionnelle et personnelle). Juste une volonté farouche d'augmenter les marges, « quoi qu’il en coûte ».
Les salariés sont donc priés de faire des miracles avec moins de moyens, tout en écoutant religieusement des prédictions sur un avenir radieux qui, on le sait, ne concernera que les quelques rares privilégiés en haut de la pyramide.
Le CSE doit sortir du rôle de spectateur auquel la direction souhaite le reléguer
Le CSE, face à cette opacité, doit se poser une question cruciale : jusqu'à quand allons-nous tolérer ce simulacre de dialogue social ? Car une stratégie sans ambition sociale, ce n'est pas une stratégie. C'est une condamnation à l'aveuglement collectif.
Sans ambition sociale, la stratégie de la direction n'est qu'un mirage. Et 2030 pourrait bien être une échéance fatale pour l'engagement des salariés.
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