Communiqué de presse intersyndical
Le 22 janvier l’Assemblée nationale doit rejeter
l’attaque du 1er mai, seul jour obligatoirement chômé et payé
Certains groupes parlementaires et les organisations
patronales ont lancé de nouvelles offensives pour obliger les salarié·es à
travailler le 1er mai, seule journée fériée obligatoirement chômée, rémunérée
et symbolique pour les travailleurs·euses à l’international.
C'est le sens de la proposition de loi adoptée au Sénat, «
Permettre aux salariés de certains secteurs de travailler le 1er mai »
largement appuyée par le gouvernement de l’époque, qui a engagé la procédure
accélérée, comme si l’urgence était de faire travailler les salarié·es le 1er
mai !
La loi actuelle prévoit que seuls « les établissements et
services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre
le travail » peuvent faire travailler leurs salarié·es. La proposition de loi
étend la dérogation à un ensemble de secteurs professionnels, aux dépens des
salarié·es mais aussi des petits commerces indépendants de proximité qui
pouvaient jusqu’ici déjà ouvrir ce jour-ci sans subir la concurrence des
grandes entreprises.
Cette proposition de loi, soumise au vote d’une niche
parlementaire le 22 janvier, remettrait en cause ce jour de repos rémunéré pour
l'ensemble des salarié·es. Le projet d’établir une liste d'établissements
visés, constitue une première brèche et remet en cause la précieuse exceptionnalité
du 1er mai. Or à chaque fois qu'un principe est remis en cause, la dérogation s’étend
progressivement à toutes et tous. Le travail le dimanche en est l’illustration.
Une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n’ont plus lieu
d’être. Quant au « volontariat », ajouté pour rassurer, il n'existe pas
réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail,
d’autant plus dans les TPE. Comme pour le dimanche, les employeurs obligeront
les salarié·es à travailler le 1er mai sous peine de licenciement, ou de
non-recrutement pour les nouveaux·elles salarié·es.
Enfin, cette journée fériée doit rester exceptionnelle
car elle commémore les luttes pour les droits des travailleuses et travailleurs,
depuis les manifestations mortelles, notamment en France avec la fusillade
sanglante de travailleurs à Fourmies le 1er mai 1891. Remettre en cause le principe
de cette journée, c’est remettre en cause plus de 100 ans d’histoire de lutte
sociale.
Par nos alertes syndicales nous avons participé à modifier
la première version de la proposition de loi. Le texte adopté au Sénat reste un
recul pour des millions de salarié·es. Par nos interpellations et notre
mobilisation, nous pouvons encore empêcher cette régression sociale inacceptable.
Alors qu’elle est inscrite dans la niche parlementaire le
22 janvier, les organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA,
Solidaires, FSU, appellent les député·es à s’opposer à cette proposition de
loi. Dans cette période troublée, gardons des temps en commun d’apaisement. Le
1er mai doit rester ce qu’il est : un jour férié et chômé.
Le 9 janvier 2026

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